EXPOSITION

En permanence à

Galearte 

3, rue de l'Abbé Groult

75015 Paris

 

Galerie Licence IV
5,place du gouvernement(angle rue St Jean), 69005 LYON

 

Galerie Art Aujourd'hui
8 rue Alfred Stevens
75009 PARIS

Galerie du Rat mort
Vlanderenstraat
OOSTENDE (Belgique)

 

Courtière sur Paris

Dominique Sachel

06 15 39 12 68

dominiquesachel@wanadoo.fr

Sauf que la peinture s’arrête sur image. Support, surface, hauteur, largeur.
Et alors ? Profondeur ! Récit à double entrée !
Ils commencent par vous sauter à la figure, les personnages que Souvraz a bien serrés dans le huis clos des quatre coins de la toile ou du papier, comme un inspecteur des étrangetés. Tons vifs, va-et-vient de l’humain à l’animal, objets décoratifs : vite, ça se vrille dans la tête.
Mais aussitôt le temps suspend son vol : on entre dans une fable, un conte, une légende, on y respire l’air des grottes ancestrales et la poussière des épopées, on a beau y sentir l’odeur du cirque et la sueur du carnaval, les parfums de femmes et le sui generis des marins, la boue des exilés, on a quitté l’ordinaire pour la fantastique, le stupéfiant.
Est-ce le fond qui crée cette entrée de l’artiste ? Ou l’organisation chavirante des formes ? Non, c’est tout à la fois, la lèvre de la carpe comme l’œil troué du masque, le triangle de l’oreille du chien pas moins que l’arrondi du sein très lourd de sa maîtresse, le couvre-chef du soldat autant que la corne l’animal sur lequel est juché un drôle d’hybride qui tient un oiseau rouge et vert par la taille. Oui, les oiseaux ont une taille sous les plumes.
L’imagination serait-elle la fille du destin ?  
Chaque nuit et chaque matin ne méritent-ils pas stupeur et tremblement ?
Né à Lille, grandi à Lens, détourné dans le centre de la France, revenu à Lille, monté à Paris, établi à Dunkerque, Souvraz en est si convaincu qu’il offre à ses compagnons de vie sur Terre des œuvres qui défient l’entendement.
Il faut les voir, les voir, les voir, les voir, et devenir… un chouilla voyant.
C’est-à-dire ?
Crever l’abcès, arracher les vieilles peaux, humer la viande, toucher l’os, convoquer le canard, fermer son bec, caresser le chien, mécaniser le poisson, ouvrir sa gueule, se couvrir de plumes, fêter la mort, contre attaquer avec la vie, légender l’ordinaire, dresser des totems, lever la patte, jouer aux indiens, ramener sa fraise et son sexe, plumer l’idéal, caresser la sauvagerie, goudronner l’idéal, tendre un fil sans filet entre le début et la fin, fêter le quatorze juillet avec des bouts de chiffons, éterniser le carnaval, apprivoiser la guerre, s’en méfier, s’en dégoûter, rire, pleurer, ne plus savoir qui mettre en avant, protester, flancher, se méfier, franchir les frontières et en revenir avec des histoires sacrées ou frauduleuses.
Et alors ?  
Théâtre des contes qu’on n’ose plus se raconter.
Ou c’est lui qui exagère, ou c’est nous qui sommes déjà largués.
Mais voyez de plus près ce qu’il laisse derrière lui, ce Souvraz qu’il faut absolument découvrir
(banalement, pas la peine)
Bonhomme, boulot, blues… Bazar, fétiches, emblèmes.
Corps et masques et âmes (où sont-elles passées ?)
C’est la corrida, la note bleue, le poisson surgi des profondeurs, le cinéma, la scène, le mythe et sa démystification, Rimbaud et Buster Keaton, la profonde inspiration et la distance méditée dans le même territoire affolé.
Vos papiers d’identité ? Vos histoires ? Vos personnages ? Vos colères, vos fantasmes, vos imprécations ?
Magnifique, sans ostentation. Tendre et sauvage. Bavard et silencieux.
Si-len-cieux.
C’est Souvraz, si
unique et si…

Bruno Vouters