EXPOSITION

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Galearte 

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75015 Paris

 

Galerie Licence IV
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75009 PARIS

Galerie du Rat mort
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OOSTENDE (Belgique)

 

Courtière sur Paris

Dominique Sachel

06 15 39 12 68

dominiquesachel@wanadoo.fr

Il s’appelle Souvraz Jean-Paul, il s’est arrimé rue Pasteur. Une fois qu’on l’a rencontré on ne l’oublie plus.
On le reconnaîtrait à cent mètres, à vingt ans d’écart, au cœur d’une autre ville, dans un pays lointain, en couleurs comme en noir et blanc, et même incarné dans une langue étrangère, en enfer comme au paradis, dans un zoo ou une église haut perchée, peut-être perdu dans les catacombes, les Alpes, la mer du Nord, les faubourgs de Mexico ou les remparts de Varsovie.   
Souvraz ! C’est lui, d’assez noir vêtu, comme surgi d’un théâtre ou d’une page de l’histoire de l’art, à moins qu’il ne revienne d’un concert de blues ou d’une expédition étoilée. Lui, avec son paquet de secrets à partager.
Sacrés secrets ! Ce n’est pas un mutant, c’est un entrant. Il s’incruste.
Le front puissant anime en se plissant des mèches rebelles noires, grises et blanches qui défient ce désert luisant que le vent du nord-ouest, mouillé et salé, peut rafraîchir à volonté quand il n’y a plus ni Leffe ni confetti. La petite fumée qui monte au bord du nez bien planté au milieu de la figure annonce le cigare italien coincé entre les deux lèvres.
Les yeux ? En tournée perpétuelle, comme Bob Dylan, l’homme d’all along the watchtower, dont on sait qu’il déteste jouer les mêmes airs de l’identique façon. Or il y en a cinq cents au moins.


Mais surtout, chez Souvraz, flibustier des tubes et pinceaux, cette présence incomparable liée à sa façon de ne jamais tenir en place… S’il ne tourne pas en rond dans sa maison de Coudekerque-Branche comme l’ours dans sa cage, à la recherche de ses petits chats (Mano et Negra), d’un dessin précieux, d’un objet fétiche, d’un air de musique inouï, d’une citation définitive ou de Lili, sa bonne fée de tous les instants, Souvraz vous emmène aux quatre coins des livres, du monde, des vies et des survies.
Faut s’accrocher.
Jamais fini de baguenauder, d’explorer, d’inventorier, de musarder, de glaner à tous vents et à foison. Champion des passages, déplacements et dépaysements…
« Tu m’suis ? » « T’as pigé ? » « T’arrives ? » « T’es pas d’accord ? »
La preuve : le jour sur les champs de batailles, la nuit dans les maisons closes.
Un pas en compagnie de Beckett, l’autre à côté de Breughel l’ancien. Une bise à Ensor, un salut vers Beckman. S’endormir sous Thomas Bernhard, se réveiller avec Kantor.  Et puis quoi encore ! Pêcher le bar et taquiner le comptoir, connaître le nom des oiseaux mais oublier celui des critiques d’art, se marrer et flipper, prendre un air de chaman puis filer à l’anglaise, se dire fatigué et rester debout, jubiler et paniquer, massacrer et exulter.
Allez comprendre…

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